Qu’il/elle refuse la nourriture qu’on lui propose ou qu’il/elle soit pris(e) de crises compulsives de boulimie, l’adolescent(e) souffrant de troubles du comportement alimentaire est source d’une vive inquiétude pour ses parents, qui se voient perdus devant leur rôle de parent “nourricier”.

Quand la nourriture devient une obsession et envahit la vie des ados.

L’anorexie et la boulimie concernent entre 1,5 et 3% des adolescent(e)s de 11 à 20 ans. Pour Marie Rose Moro -Pédopsychiatre, directrice de la Maison de Solenn à Paris- : “L’alimentation, à cet âge, a une portée symbolique évidente. Le jeune cherche à s’affranchir des codes de la famille. La nourriture l’aide à participer à cette revendication d’autonomie”. Cependant, réduire cette problématique à un simple désir de liberté vis-à-vis de l’autorité parentale constituerait une vision simpliste et réductrice. La pédopsychiatre poursuit son propos en indiquant que ces troubles du comportement alimentaire ont “à voir avec une difficile gestion du lien à l’autre, et aussi des émotions. L’adolescent éprouve la plus grande difficulté à exprimer ses frustrations, sa colère, son angoisse ; et il le fait par le biais de l’assiette.”

L’anorexie ou l’obsession de la minceur.

• De quoi parle-ton ?

L’anorexie concerne majoritairement des filles entre 14 et 17 ans (avec un pic à 16 ans). Aujourd’hui les garçons ne représentent que 10 à 15% des adolescents qui souffrent d’anorexie. Ils rêvent d’un corps dessiné, sculpté, musclé et sec. Alors parfois, pour devenir très mince, ils se privent de nourriture.

Chez les garçons comme chez les filles le constat est identique : assez brutalement l’adolescent(e) qui mangeait “naturellement” peut traîner les pieds pour venir à table, trouver des prétextes pour éviter les repas en famille. Le signe le plus flagrant est celui du tri dans l’assiette. Pourquoi ? Pour éviter les aliments réputés caloriques comme les pâtes, le riz, le pain, les féculents, les pommes de terre (etc.). Une autre stratégie utilisée par l’adolescent(e) qui souffre d’anorexie, est celle qui consiste à mâcher longuement ses aliments sans les avaler et en les recrachant discrètement. Résultat, cela peut provoquer un amaigrissement important (jusqu’à 3 kilos par semaine) qui peut passer inaperçu quand l’adolescent(e) s’habille avec des vêtements amples.

• Comment agir ?

En observant discrètement toute modification particulière de la silhouette (et du visage) de votre enfant et en intervenant rapidement. D’abord en exprimant ce qui vous préoccupe de façon claire et directe : « Je m’inquiète. Tu as perdu du poids. ». Et puis en lui prenant un rendez-vous chez son médecin traitant, qui en ses qualités de médecin de famille, posera un diagnostic tout en établissant un dialogue avec votre adolescent(e). Si besoin son médecin pourra faire le lien avec un spécialiste. Sachant qu’aujourd’hui “l’hospitalisation à la dure” avec interdiction de visite des parents n’existe plus que dans certains cas extrêmes. La thérapie proposée aux adolescent(e)s est multiple et elle associe par exemple : des groupes de paroles, des séances de méditation, des ateliers de travail cognitif (où l’adolescent(e) réfléchit à ce que la nourriture représente pour lui).

La boulimie ou « avaler au lieu de dire ».

• De quoi parle-t-on ?

1,5% des jeunes entre 11 et 20 ans en souffrent. Ces adolescent(e)s n’arrivent pas à maîtriser un besoin irrépressible d’avaler de grandes quantités de nourriture. 20 à 50% des jeunes qui souffrent de boulimie alternent des périodes de jeûnes et des périodes où ils engouffrent d’importantes quantités de nourriture. En effet c’est parce qu’il se fait vomir après chaque “crise” (prise de grandes quantités de nourriture) qu’il ne grossit pas.

• Comment agir ?

Soyez attentifs à la disparition de quantités importantes et inhabituelles de nourriture sur un laps de temps relativement court et d’éventuelles traces de “vomi” dans les toilettes. Attention car les adolescent(e)s sont très imaginatifs pour cacher de la nourriture dans leur chambre (placards, lit, etc.). A vous de trouver le moment opportun pour établir un dialogue “à froid” : “5 paquets de gâteaux (de chips) ont disparu en une journée. Que se passe-t-il ?”. C’est en établissant un climat de confiance que votre adolescent(e) pourra parler avec vous des difficultés qu’il/elle rencontre. Une fois le dialogue établit, à vous de l’inciter à prendre rendez-vous assez rapidement avec son médecin traitant. Parmi les nouvelles pistes d’accompagnement de ces troubles alimentaires, les thérapies telles que l’hypnose, les thérapies cognitives et comportementales (T.C.C.), la sophrologie et la méditation sont des pistes efficaces pour permettre à vos adolescent(e)s de s’exprimer et de se débarrasser d’un comportement alimentaire inadapté.

A lire pour aller explorer plus loin :

“Avec nos ados : Osons être parents !” de Marie Rose Moro aux éditions BAYARD CULTURE (2016).

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