Les français auraient pris en moyenne 2.5 kilos pendant le confinement. De plus selon une étude de l’Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (E.R.E.N. -équipe mixte Inserm/Cnam/Université Paris 13) parue en juin dernier : 37% des personnes interrogées auraient adopté depuis le confinement des comportements alimentaires peu favorables à leur santé.

Pourquoi télétravailler donne l’impression d’avoir faim tout le temps ?

Comme le dit la psychologue et nutritionniste Laurence Haurat –auteur de “Et si vous trouviez enfin votre poids idéal ?” aux éditions Eyrolles- : “Il y a un vrai problème à ce que les espaces privés et professionnels soient mélangés”. Qui dit télétravail dit aussi travailler chez soi, coupé des interactions sociales avec ses collègues. Un des risques du télétravail c’est de travailler tout le temps. Car il n’y a plus de journée de travail type (composée d’une alternance régulière de temps de déplacement, de travail, de pause). Un autre risque et celui de manger tout le temps car il n’y a plus non plus d’heure de repas fixe. C’est comme si travailler chez soi signifiait des repas pris sur le pouce, peu équilibrés et qui ne rassasiaient pas vraiment, entraînant fringales et envie de grignoter.

Ce constat est à moduler en fonction des situations particulières, comme la présence d’enfant(s) dans le foyer et la situation familiale. Les célibataires sans enfants risqueraient d’être plus touchés que les autres par ces modifications de comportements alimentaires. Bien que les sources de dérapages pour tout un chacun soient multiples :

• « Pourquoi ne pas faire une petite pause à l’heure du goûter des enfants ?”.

• “Chéri(e) comme tu viens de rentrer du travail, je te propose que l’on se boive un verre histoire de prendre l’apéro ?”

Comment agir pour manger “mieux” ?

Par exemple, en s’organisant un emploi du temps calqué sur celui de votre travail habituel. Ainsi vous vous programmez sur la journée des plages de travail, de pause, de repas, de détente, de sport, etc. Avec comme objectif la prise de trois repas principaux (petit déjeuner, déjeuner et dîner) pris dans le calme, à heures fixes, et préparés selon vos goûts et vos besoins énergétiques.

Plutôt que d’improviser un repas, en se laissant influencer par d’éventuelles pulsions de fringale et ou par ce qui serait le plus rapide/facile à préparer pour combler au plus vite cette immense faim ! Planifiez vos menus de la semaine à l’avance. Cela vous permettra de gérer plus facilement vos courses et vos réserves de nourriture. Sachant qu’il est plus facile de se préparer un repas équilibré, quand on sait à l’avance ce que l’on va manger.

Manger pour calmer l’inquiétude ?

Pour le médecin psychiatre Stéphane Clerget –auteur de “Les kilos émotionnels” aux éditions Livre de Poche-, “Il est assez normal d’avoir tout le temps faim quand on travaille à la maison”. Plus on est près des réserves de nourriture, plus on est tenté d’y aller. Et puis manger permet aussi de mettre ses activités en pause, de faire un break, une coupure, voire de se donner l’illusion de s’évader dans une bulle de plaisir (détente, réconfort, etc.) apportée par la nourriture. “Si tant de personnes ont l’impression d’avoir sans cesse faim, c’est parce qu’elles sont inquiètes. Manger calme le stress” rappelle le docteur Marie Thirion, pédiatre -auteur de “Pourquoi j’ai faim ?” aux éditions Albin Michel-.

Beaucoup de personnes ont perdu leurs repères : travailler chez soi, traverser une période de chômage partiel, respecter de nouvelles règles (le couvre-feu, la distanciation sociale, porter le masque), s’inquiéter pour sa santé (et celle de ses proches), s’interroger sur l’évolution de la situation économique et sur son incidence sur ses revenus. Alors que les bars, les restaurants, les salles de spectacles et de concerts sont soit fermés, soit soumis à des consignes strictes et donc peu festives. Que nous reste-t-il sinon les plaisirs de la bouche, en cette période un peu morose ? Tout cela pouvait amener à grignoter pour s’apaiser et trouver du plaisir.

Comment agir grâce à l’auto-hypnose ?

Dans un premier temps, en prenant conscience des émotions qui vous traversent, en les identifiant et en les acceptant. Puis dans un second temps en allant chercher le contraire en positif, voici quelques exemples pour vous aider :

• De quoi ai-je besoin pour me débarrasser de « stress » à l’intérieur de moi ?… J’ai besoin de “apaisé” ;

• De quoi ai-je besoin pour me libérer de « peur » ?… J’ai besoin de “sécurité” ;

• De quoi ai-je besoin pour me libérer de « triste » ?… J’ai besoin de “joie”.

Une fois que vous avez trouvé « l’antidote positif », vous vous isolez si possible dans un endroit calme, et puis vous fermez les yeux pendant un court instant. Concentrez-vous sur votre respiration. Inspirez sur 4 temps [1-2-3-4] et puis expirez sur 6 temps [5-6-7-8-9-10]. Concentrez votre esprit sur le rythme de votre respiration lente calme et profonde tout en comptant de 1 à 10 pour chaque mouvement respiratoire (inspiration + expiration).

Puis vous allez chercher dans vos souvenirs un grand moment de « antidote positif » (apaisé/sécurité/joie/etc.)”. Agrandissez cette image. Illuminez cette image. Rapprochez cela de vous. Mettez votre attention sur les bruits, les sons, les odeurs s’il y en avaient. Ce qui vous touchait, ce que vous touchiez. Ce que vous vous disiez à vous-même, ce que vous disiez aux autres. Ce que vous pensiez, ce que vous ressentiez. Installez-vous dans cette évocation jusqu’au moment où vous ressentez un 10 sur une échelle de 1 à 10 de votre « antidote positif ».

 

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